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Histoire de la Vie : YOSSEF et sa Famille

Cette histoire s’inspire d’un fait réel, mais elle n’est pas le fait lui même.

Toute ressemblance avec des personnes existantes aujourd’hui ou ayant existe dans le passe, n’est que pure coïncidence.

L’histoire remonte à plus d’une trentaine d’années.

Aaron H était en Israël depuis seulement deux ans, et l’intégration était plutôt difficile. C’était prévisible, Aaron avait vécu principalement en Australie et une bonne dizaine d’années entre la France et la Belgique. En Israël, il n’avait pas beaucoup de relations qui auraient pu l’aider.

Rapidement Aaron dut se rendre à l’évidence, il lui fallait trouver  une source de revenus ailleurs, car les revenus, de son activité locale, étaient insuffisants et les économies commençaient à fondre, comme neige au soleil !

Auparavant, pour asseoir sa décision, Aaron décida de valider son idée, en allant demander conseil à l’un des fondateurs de l’une de ces Institutions philanthropiques d’Israël, qu’il avait coutume de recevoir et d’aider quand  il était encore en Australie.

–           Bonjour Rav Yaacov,

–           Bonjour Mr Aaron, comment allez-vous et comment va votre famille ? Vos enfants sont-ils bien scolarises ?

Madame s’adapte-t-elle bien à cette nouvelle situation ?

–           Oui ma foi, pas trop mal et en fait, c’est de cela que je suis venu vous parler ce matin… L’Intégration se révèle plus difficile que prévu,

et je pense retourner en Belgique ou en France, pour essayer de travailler là-bas 15 jours/mois en alternance avec 15 jours/mois de séjour ici.

Rav Yaacov et Aaron discutèrent longuement et finalement Aaron se laissa convaincre de faire une mission de collecte pour son l’Institution auprès de donateurs fidèles de Belgique de France et d’Angleterre ou l’institution de Rav Yaacov était bien connue.

A l’approche des fêtes de Tichri, Rav Yaacov n’avait pas la disponibilité requise pour se déplacer et puis son âge avancé lui provoquait une fatigue qu’il ressentait par la suite, pendant plusieurs jours, à chaque retour de voyage !

Pour chaque endroit où Aaron devait passer plus de trois jours, Rav Yaacov lui donna l’adresse de Maisons d’Hôtes particulièrement accueillantes, pour les (Chlihim de Rabanane) envoyés des Grands Rabbins.

L’épisode tragique de l’histoire de Yossef et de sa famille, commence ici à Bruxelles, dans l’une des maisons d’Hôtes recommandées par Rav Yaacov.

Dans la Salle à Manger, un homme très triste

Aaron est arrivé dans cette maison dimanche après-midi et le soir, le repas étant  servi de 20h à 21h, Aaron est descendu dans la salle à Manger. Là il y a environ une vingtaine de personnes, certains se connaissent déjà et d’autres commencent à faire connaissance… D’autres encore  restent dans leur coin.

Aaron remarque un homme d’un peu moins de 40 ans, qui est au bout de la table, et qui semble particulièrement soucieux et triste. Assis du côté opposé de la table et pas trop loin de lui, Aaron essaye d’échanger quelques mots avec lui, mais le gars ne parle pas et apparemment reste peu enclin à la conversation.

Aaron observe aussi que d’autres essayent de parler avec lui, mais le gars reste égal à lui-même, et apparemment ne souhaite pas parler. Aaron est intrigué, cet homme l’intrigue, il a sans aucun doute besoin de l’aide des autres, mais il esquive toutes les tentatives de rapprochement des personnes autour de lui.

Aaron ira dormir ce soir-là en pensant à cet homme si triste et si silencieux,  il redoute que cet homme soit,  lui-même ou une personne de son entourage, atteint d’une maladie incurable et que ses jours soient comptés, et si ce n’est pas le cas, il doit certainement être en train de vivre une situation tragique !  Aaron se dit que demain il essaiera d’en savoir un peu plus.

Le lendemain Lundi matin, après la prière du matin,  tout le monde se retrouve dans la salle à manger, pour le petit déjeuner et la personne qui intriguait Aaron est là, avec une indicible peine sur le visage. Aaron essaye d’entamer une conversation, mais c’est peine perdue, le gars reste parfaitement silencieux.

Aaron qui a fait quelques connaissances parmi les hôtes de passage de cette Hakhnassia  (maison d’accueil) interroge les autres hôtes, pour le cas où ils seraient au courant de ce que  cet homme traverse… de quelle nature  est son problème ? …

Tout le monde fait à peu près la même réponse, nous avons voulu l’aider mais il n’a même pas voulu nous entendre… comme s’il était persuadé que nous ne pourrions rien, absolument rien faire pour l’aider ! … Mais bon sang… quoi ! Ce doit être un grave problème de santé qu’il a : il a un très mauvais teint, Non je ne pense pas que ce soit cela, mais alors c’est quoi l’histoire ? Cet homme vit un drame et on doit pouvoir l’aider !  Nous avons un devoir d’assister cet homme il est peut-être en danger !

–       Rassurez-vous Monsieur Aaron, il y a une ou deux personnes qui sont en contact avec lui ! Mais qui bon sang ? Peut-être peut-on parler avec eux!  Pas de réponse…

–        A la fin du petit déjeuner, quelqu’un rentre furtivement dans la salle à manger qui termine de se vider, échange quelques phrases avec le            gars triste et soudain le visage de celui-ci s’éclaire, la conversation prend fin rapidement.

Percer le mystère de l’homme triste

Aaron devine que la personne qui a conversé avec le gars doit en savoir plus ; de manière discrète il essaie de le rattraper et s’approcher de lui, mais à peine sorti de la salle à manger…. il n’y a plus personne, celui qui est venu parler avec Yossef a disparu soit à l’intérieur soit à l’extérieur du bâtiment.

Le lendemain Mardi, le matin et le soir il ne se passe rien, personne ne vient voir Yossef, et celui-ci est tragiquement triste et sombre. Aaron n’essaye pas de s’approcher de lui, il craint de le déranger.

Mercredi matin, Aaron a pris son déjeuner de bonne heure, et suite à cela il est passé dans le salon d’accueil, car il a donné le numéro de téléphone de la maison d’hôtes à quelques contacts qu’il a eu ces derniers jours pour collecter des fonds pour l’Institution de Rav Yaacov. Il a précisé à ses contacts que pour le joindre personnellement il serait dans le salon d’accueil de la Maison d’Hôtes entre 8h45 et 9h15.

Soudain, il est presque 9h00,  Aaron H n’en croit pas ses yeux, la personne qui était venue parler furtivement, avant-hier lundi pratiquement à la même heure, se dirige d’un pas pressé vers la salle à manger où il va parler avec Yossef.

Maintenant ce visiteur passe devant le salon. Aaron le voit nettement parler avec Yossef, alors il se lève et décide d’aller au bout du couloir : en pensant que probablement, dans quelques minutes le visiteur fera chemin inverse et repartira par le chemin… par lequel il est arrivé.

C’est ce qui se passe, Aaron l’interpelle : je m’excuse Monsieur…

Le visiteur surpris…

« Oui !  …Que puis-je pour vous ? »

« Je suis de passage,  dans cette maison d’hôtes, je suis là depuis dimanche après-midi, et j’ai remarqué que Yossef, vous savez la personne avec qui vous parliez, est particulièrement triste et sombre, …et je voudrais l’aider.   Mais je ne sais pas comment m’y prendre, et je ne sais pas de quoi il a besoin à vrai dire, il est particulièrement silencieux »

Le visiteur se montre attentif et curieux, et d’une certaine manière méfiant, il ne sait pas s’il peut faire confiance à Aaron et il hésite à lui parler, puis il lui lance…

–    Mais au fait qui êtes-vous Monsieur ?

Spontanément,  Aaron lui répond:

–     je suis Aaron H le délégué des Institutions de bienfaisance du Rav Yaacov de la Ville de Bne-Brak, d’ailleurs le directeur de cette maison               d’Hôtes, où nous nous trouvons, connait bien notre institution, et il peut vous renseigner sur moi-même, et sur notre institution. Si vous                 préférez, je suis l’Homme de Confiance du Fondateur de l’Institut de Bienfaisance qui m’a envoyé ici.

des nuages apparaissent dans la vie de Yossef

de gros nuages apparaissent dans le Ciel

 

Le visiteur:

–     Je ne peux rien vous dire ou presque, car il m’a été demandé d’être discret, tout le monde veut aider cette personne, mais en fait personne ne sait comment faire: en deux mots, sa famille est en train de se disloquer et ce Monsieur est particulièrement démuni.

–     Ce qui attriste cette personne, elle s’appelle Yossef L, c’est que si sa famille se disloque maintenant, elle risque de se disloquer  pour                      toujours ! Ce Yossef a deux petits garçons adorables, et il sait que s’il ne sort pas de la tragique situation dans laquelle il se trouve,  il risque de ne plus revoir ses enfants pour toujours ou pour au moins très longtemps, suffisamment de temps pour que ces deux enfants qu’il aime tant, l’oublient définitivement, lui leur père…..

Il faut faire vite, très vite, si vous vouliez l’aider… Je ne vous ai rien dit. Le visiteur disparaît.

Comment faire pour aider Yossef ?

Aaron est très perplexe, et maintenant… il ne sait plus quoi faire.

Depuis qu’il a commencé cette tournée, il a bien collecté de l’argent, mais cet argent n’est pas le sien, c’est celui de l’Institution du Rav Yaacov ! Pour aider Yossef, il faut trouver de l’argent auprès d’un nouveau donateur mais il faut savoir de combien Yossef a besoin, et pour cela il faudrait arriver à lui parler ….

On est Mercredi matin, et Aaron H est allé rencontrer un jeune patron d’entreprise qui lui a été indiqué par l’émissaire du Rabbi de Loubavitch, qui lui a dit que cet homme était loin de la pratique religieuse, que visiblement il avait un sentiment d’appartenance au peuple d’Israël, mais qu’il était en voie d’assimilation. Il n’était  pas sûr qu’il soit suffisamment informé des problèmes communautaires, pour qu’il fasse quelque chose pour une Institution comme celle du Rav Yaacov.

Aaron H est conscient qu’il doit faire des diligences et que de toutes façons il y a lieu d’essayer.

Ce mercredi matin à 9h30 Mr Hubert W le reçoit avec courtoisie : Bonjour Mr Aaron je vous reçois, car vous êtes recommandé par Mr B L dont l’action sociale sur la ville est tout à fait remarquable, vous faites la même chose, en Israël ?

Non Mr Hubert, je n’ai pas ce mérite, c’est plutôt la personne qui me mandate le Rav Yaacov pour démarcher certaines personnes ici et en Belgique, qui fait la même chose que votre ami Mr BL, en Israël. Seulement avec l’âge qu’il a atteint aujourd’hui, et les charges qu’il a sur les épaules, il délègue de temps à autres certaines de ses tâches, et c’est pour cela que je suis là !

L’échange entre Mr Hubert  W et Aaron est cordial et constructif, et Aaron cherche dans les propos de Mr Hubert  un centre d’intérêt qui amènerait Mr Hubert W à se montrer bienveillant et généreux… La conversation va d’ici à là et Aaron H n’arrive pas à déceler un centre d’intérêt de Mr Hubert W.

Soudain il vient une idée à Aaron : dites-moi Mr Hubert, est ce que vous auriez eu l’occasion dans le passé de parler à un Grand Maître de la Torah ? À quoi pensez-vous Mr Aaron ?

A un grand Rabbin mondialement connu ? Non sauf que Mr B L m’a convaincu  de rencontrer le Grand Rabbi de Loubawitch, je ne voyais pas l’intérêt que cela pouvait présenter pour moi, mais après tout, il s’est trouvé qu’une fois pour mes affaires, j’étais à New York et notre ami commun BL aussi.

C’est là que BL m’a dit :  c’est l’occasion rêvée pour que vous  rencontriez le Rabbi, j’ai été d’accord, et j’ai donc rencontré le Rabbi.

Et de quoi avez-vous parlé avec le Rabbi ?

De ce que je faisais comme travail, et que j’étais souvent sollicité pour différentes œuvres en Belgique, mais que j’étais enclin à faire quelque chose plutôt pour Israël. Le Rabbi m’a alors dit en me regardant bien en face :

Faites quelque chose pour KYRIAT-MALAKHI (la Ville de).

Je ne connaissais pas bien Israël, bien sûr je connaissais les grandes villes TEL_AVIV, JERUSALEM, HAIFFA mais KYRIAT-MALAKHI, cela ne me disait rien.

L’émissaire (le Chaliah)  du Rabbi, BL, m’a dit alors : le Rabbi ne t’a pas dit cela pour rien, à l’occasion d’un voyage en Israël, passe par KYRIAT-MALAKHI, tu découvriras peut-être quelque chose à faire. C’est ce que j’ai fait, environ un mois après ma rencontre avec le Rabbi, mais je n’ai rien découvert !

Par la suite, j’y suis allé deux fois pour voir, mais je n’ai rien trouvé à faire, je me demandais à la limite pourquoi le Rabbi m’a dit de faire quelque chose pour KYRIAT-MALAKHI.

La conversation se recentra, après, sur les institutions du Rav Yaacov, et Mr Hubert W demanda alors à Aaron : laissez-moi quelques documents et donnez-moi un jour ou deux pour réfléchir, je vais voir ce que je peux faire !

Aaron H quitta le jeune patron d’entreprise, il n’avait pas su l’accrocher, il n’avait pas trouvé l’argument qui aurait pu le convaincre de faire quelque chose de significatif, pour l’institution du Rav Yaacov. Aaron décida de retourner à la maison d’hôtes pour passer quelques coup de téléphone et tenter de convaincre de gros donateurs potentiels de le recevoir, après quoi il déjeunerait, puis il irait à ses rendez-vous de l’après-midi.

On est Mercredi a 13h45, lorsque Aaron quitte la maison d’hôtes, et il est sur une grande avenue de Bruxelles et soudain en levant les yeux il voit arriver Yossef.

Aaron réfléchit très vite, s’il lui parle directement, il va recevoir une réaction négative ou dans le meilleur des cas timorée, Yossef ne se confiera pas, il faut lui parler énergiquement et même durement pour provoquer une réaction de surprise qui forcera Yossef à s’exprimer ….

Aaron réfléchit encore : quje faire pour amener Yossef à s’exprimer clairement et à lui parler en toute confiance et soudain c’est le déclic   …… !!!

Aaron court vers Yossef l’étreint et le secoue fortement:….Alors dis-moi Yossef on ne reconnait plus les vieux amis de BEER SHEVA , tu ne te souviens pas de ton passage au Centre d’Intégration, tu ne te souviens pas des cours d’Hébreu ensemble… C’est vrai, que nous etions au moins 300 et que quelques bonnes années sont  déjà passées depuis, mais quand même…

Mais dis-moi Yossef tu as bien changé depuis, tu m’avais pas l’air d’être si soucieux à l’époque, tu étais plutôt « bout en train »  mais qu’est ce qui t’arrive dis-moi, ces derniers jours je te reconnaissais sans te reconnaître vraiment, tu as drôlement changé Yossef….Est ce que tout va bien ? Tes deux enfants ont sans doute grandi, ils doivent bien avoir 9 – 10 ans maintenant. Ils étaient très mignons, ils doivent être de beaux garçons. Cela me ferait bien plaisir de les revoir.

Au passage Aaron H remarque que le visage de Yossef s’est crispé.

Dis-moi Yossef qu’est ce qui te tracasse, mais parle bon sang… Nous tous qui sommes-là, nous ne  sommes pas ici par hasard ! Nous sommes tous là, dans la maison d’hôtes, car nous avons ici ou là un problème à régler ! et que nous manquons d’argent.

Un problème d’argent, ce n’est pas mortel, et tu le sais sans doute qu’il y a des gens qui passent systématiquement par cette maison d’hôtes, malgré qu’ils ont de gros moyens, c’est pour eux l’occasion d’exprimer leur gratitude vis-à-vis du propriétaire des lieux, car il faut le dire, il est particulièrement bienveillant.

Dis-moi Yossef, quel est ton problème et je vais peut-être pouvoir t’aider, fais-moi confiance….

Yossef a les larmes aux yeux, la voix brisée, il dit : mes enfants ont  maintenant huit et neuf ans je vais peut-être perdre à jamais le droit de les revoir et de leur parler !…

Mais pourquoi donc ?

divorce concept family separation

J’ai malheureusement divorcé de leur mère, et j’avais un droit de visite le samedi une fois toutes les deux semaines le samedi de 15 h à 17 h. Pour moi c’était très problématique car je suis pratiquant et de plus j’habite à Paris et les enfants ont été placés en internat complet dans un établissement parfaitement laïc en banlieue Parisienne, pas de Chabat, pas de fêtes juives ! De plus pour arriver là-bas avec les transports en commun cela prend généralement entre 2 heures et demi et 3 heures !

Voilà, donc j’en ai eu marre de cette situation tragique, le dernier samedi, j’ai loué une voiture pour deux jours et je suis allé les voir pour les emmener en promenade de 15h à 17h,  mais je suis sorti du territoire national et je suis allé en Belgique. J’ai mis les deux enfants en lieu sûr car j’ai quelques amis, et j’essaie de retourner en Israël… bien sûr avec les enfants…

C’est impossible, car ils ne sont pas mentionnés sur mon passeport et je vais me faire repérer car je suis en délit de fuite et de toutes façons je n’ai pas de quoi payer ni leur billet ni le mien. Cela est un premier problème. Deuxième problème : il faudrait trouver une femme qui les fasse voyager, cela est du domaine du faisable, mais il faudra en plus payer le billet Aller et Retour de cette dame, les deux interlocuteurs que j’ai à Bruxelles connaissent bien une dame qui accepterait de le faire et elle serait prête à le faire pour éviter qu’une famille juive ne se disloque.

–    Yossef, tu lis trop de romans d’aventure, cette femme,  dis-tu, est prête à prendre le risque… Mais cette dame n’a pas la photo de tes deux         enfants sur son passeport !

–     Rassure-toi, Aaron, en Belgique la photo des enfants sur le passeport des parents n’est pas obligatoire !

Et, cette dame a justement deux enfants, et dans son passeport il y a la mention de deux enfants,  mieux encore, cette dame  est justement la mère de 2 enfants d’à peu près le même âge. Il suffit que mes enfants se taisent,  et ils passeront tout à fait inaperçus !

–     C’est un peu compliqué ton problème Yossef, mais pourquoi as-tu divorcé :

–     Je ne voulais en aucun cas divorcer ! Je me suis trouvé au milieu d’un système coercitif qui ne m’a pas laissé de choix !

–     Que veux-tu dire par là Yossef ?

–      C’est long à t’expliquer, mais je vais rapidement te dire ce qui s’est passé !

–      J’ai connu ma femme dans le cadre d’un voyage d’Etudes organisé par l’Agence Juive pour les jeunes gens et les jeunes filles âgés de 18 à  22 ans qui voulaient connaitre Israël et qui venaient soit d’Europe soit des USA, d’Amérique du Sud, du Canada, soit d’Australie le séjour était de deux mois, et il y avait la possibilité de le prolonger.

Dès le début de ce séjour, j’ai fait la connaissance de Johanna, avec qui je m’entendais bien ; nous étions à l’oulpan (cours collectif d’hébreu) ensemble, et j’avais appris l’espagnol en première langue. Au bout de deux semaines, comme les choses allaient bon train entre nous, nous commençâmes à faire des projets ! Alors un jour  elle me dit : mes parents vont venir en Israël, car ma cousine se marie à BEER SHEVA, et toute ma famille est invitée. Comme c’est la première de mes cousines qui se marie, mes parents sont priés fermement de venir et de toute façon ils veulent       me voir ; ce sera dans trois semaines, si tu veux tu pourras les rencontrer à ce moment-là, si tu penses que c’est le bon moment !

Mes intentions étaient sérieuses, et j’étais très content de constater que Johanna avait pensé à me présenter ses parents. Trois semaines après, c’est ce qui s’est passé, les parents de Johanna m’ont dit qu’ils étaient heureux faire connaissance avec moi et de constater que mes intentions étaient sérieuses vis-à-vis de leur fille. De leur point de vue, ils étaient d’accord. Ils me dirent qu’ils espéraient me voir aux fiançailles de la cousine de Johanna  dans 10 jours, et à son mariage une semaine après.  Et moi donc,…mais avec grand plaisir !

Les parents de Johanna étaient courtois bienveillants et très prévenants.

Le soir des fiançailles, le père de Johanna vint me voir et me dit :

–      on voudrait vous parler quelques minutes ma femme et moi, en l’absence de Johanna.

–      Mais pourquoi ? Je n’ai pas de secret pour elle…

–      Nous voulons le plus grand bien de Johanna, mais nous ne voulons pas que cela se fasse en occultant certains détails. Nous voudrions vous     informer de certaines choses. Johanna est avec ses cousines en train d’essayer des vêtements et telle que nous la connaissons, cela va lui       prendre facilement ¼ d’heure si ce n’est pas beaucoup plus.

–       Voilà Yossef, Johanna a eu un accident de voiture quand elle était enfant, elle a eu un traumatisme crânien, qui a été soigné avec le plus               grand soin, quand elle a eu neuf ans. D’après le professeur qui l’a soignée, il y avait une probabilité assez faible que des problèmes de mémoire ou d’anxiété apparaissent dans l’avenir, cela dit, cela ne peut pas être tout à fait exclu. Nous tenions à vous dire cela, car nous ne voulons pas que vous preniez une décision existentielle concernant votre avenir commun avec notre fille, sans que vous le sachiez.

Et le père de Johanna a rajouté :

–       de toute façon, sortez avec elle, continuez à vous voir, réfléchissez bien, et puis avant que nous ne retournions en Amérique du Sud, faites            nous savoir votre réponse. Nous, les parents de Johanna, nous vous apprécions, et nous serions fiers d’avoir un gendre comme vous.

–        J’ai de suite répondu aux parents de Johanna : personnellement j’envisage de me fiancer avec elle et de me marier avec elle parce qu’on se sent bien l’un avec l’autre. C’est vrai que je ne la connais que depuis trois semaines, mais je la vois pratiquement tous les jours je n’ai rien remarqué d’alarmant dans son comportement, et à la limite cela me fait drôle que vous me parliez de cela. J’apprécie votre droiture, mais je crois que cela n’aura pas d’incidence, au contraire, peut-être y a-t-il lieu de penser qu’en se mariant elle se renforcera ?

Le père de Johanna mit  fin à la conversation en disant :

–        Cela fait environ dix minutes que Johanna est allée essayer des vêtements avec ses cousines, elle pourrait revenir bientôt.  Donc on                        continuera à parler de cela, si vous le souhaitez une prochaine fois, mais ce soir faisons la fête à la cousine qui se fiance !

L’avertissement du père de Johanna ne changea pas nos plans. Johanna et moi nous nous mariâmes huit mois après nous être rencontrés. Un an après notre premier fils est né et un an après notre deuxième fils est né !

Les cinq premières années de notre mariage se sont parfaitement déroulées,  nous avions décidé d’habiter à KIRYAT MELAKHI qui se trouve à environ 40 km de BEER-SHEVA. Johanna s’est révélée être une épouse très agréable de caractère et une mère très consciencieuse. Tout le monde avait une très bonne santé et je me félicitais chaque jour de ne pas avoir  prêté trop attention aux paroles trop prévenantes du père de Johanna.

Malheureusement,  c’était trop beau pour continuer ainsi car, de fortes tensions commençaient à apparaître maintenant dans la région. De plus en plus, on entendait les sirènes prévenant du lancement de missiles,  au-dessus de KIRYAT MALAKHI ou dans la ville voisine. Tant qu’il n’y avait qu’un lancement de missile tous les deux jours, cela pouvait aller encore, Johanna se montrait tendue mais elle dépassait sa tension et son anxiété personnelle, mais quand nous sommes passés à deux missiles par jour et plus, là …..Johanna était vraiment tendue et je commençai à m’inquiéter réellement à son sujet !

Voulant rassurer Johanna, je me suis mis à parler avec elle. De plus en plus, elle se mit à soutenir qu’il fallait que nous allions vivre en Argentine chez ses parents, pendant quelques mois, le temps que cela se passe. J’étais contre, je lui expliquai que ce n’était pas avec les quelques mots d’espagnol que je trouverais du travail en Argentine, sinon bien sûr un travail sans qualification, ce que je voulais à tout prix éviter.

Johanna et moi arrivâmes à la conclusion qu’il fallait que nous acceptions la proposition de ses parents de venir vivre en Argentine, chez eux. Effectivement le retour fut bénéfique, deux semaines après, tout redevenait normal. Mais le problème s’inversa quand la tension régionale et le spectre de la guerre s’éloigna complètement d’Israël.

Johanna ne voulut plus entendre parler de retourner vivre en Israël, et personnellement je ne faisais que bricoler en Argentine, la plupart du temps des boulots sans qualification, ma valeur professionnelle se dégradait. J’expliquai alors à Johanna que la seule solution à peu près tangible était de tenter de s’installer en France. Ce à quoi Johanna me répondait : toi tu travailleras mais moi en tant que secrétaire j’aurai beaucoup de mal, et puis elle n’avait pas de famille en France et toute ma famille avait fait son Alyah.

Grâce à ses parents, j’ai réussi à convaincre Johanna de partir en France, mais là le parachute ne s’est pas ouvert. La plupart des employeurs ne comprenaient pas mon parcours professionnel, ils ne comprenaient pas notre retour en Argentine, et encore moins notre retour en région parisienne. Les quelques économies que nous avions ont commencé à fondre et tant Johanna que moi étions contraints de faire des petits boulots parce que nos revenus devenaient insuffisants.

Notre situation s’est alors dégradée réellement, et en cherchant de l’aide, Johanna est tombée sur une association de militantes féministes qui combattent avec acharnement pour l’égalité des droits des hommes et des femmes. Johanna avait besoin de parler à des personnes attentives à ses difficultés et elle a sans doute fait confiance à une personne mal intentionnée, qui a tout fait pour l’éloigner de ses convictions religieuses et pour placer nos enfants dans l’une des écoles laïques des environs. J’ai alors commencé à me battre de toutes mes forces pour essayer de faire comprendre à Johanna qu’elle était mal influencée, qu’il fallait qu’elle se détache de ces gens-là:…. ils allaient détruire notre famille !

Johanna ne m’écoutait plus, et je crois qu’elle recevait de l’argent de chez eux, car elle ne manquait pas d’argent, et il y a une chose qui m’a drôlement surpris, c’est que lorsque l’on s’est trouvés devant le juge pour divorcer, l’avocat qui a défendu les intérêts de Johanna était un avocat de grand talent qui n’avait rien à voir avec les moyens dont disposait Johanna. C’est cet avocat qui a obtenu que le jugement de divorce soit prononcé avec la garde des enfants confiés à leur mère et qui a préconisé que les enfants soient placés dans des écoles publiques laïques de façon à préserver leur objectivité pour plus tard.

Au rythme d’une promenade de deux heure tous les 15 jours en profanant chabbat, j’ai craqué et nous voilà dans la situation dans laquelle vous me trouvez, Aaron.

Dis-moi, mais quelle histoire dramatique, c’est ton histoire ! Si je te comprends bien Yossef, ta seule chance d’échapper à de graves problèmes avec la justice, c’est que toi et tes deux enfants vous puissiez retourner le plus rapidement possible en Israël, et là bas sur place avec le concours de l’Agence Juive et du Consulat de France en Israël, tu régularises  ta situation et tu puisses faire face à toutes tes obligations !

Oui tout à fait !

Alors il faut un Billet Aller/Retour pour la dame qui va accompagner les enfants, un billet Aller/ pour chacun des enfants,  un billet Aller simple pour toi, le tout c’est à peu près 1,200 $US.

OK Yossef, je ne veux pas te promettre quelque chose que je  ne tiendrai pas, mais je vais tenter de faire quelque chose, peut être vais-je arriver à te débrouiller cette somme rapidement !

Tu crois vraiment que tu as une petite chance d’y arriver ? Aaron !

Je pense que j’ai plus qu’une petite chance d’y arriver, sinon je ne t’en aurai pas parler,…et surtout  j’ai bien envie de t’aider à sortir de ce cirage !

Bon courage, Yossef, Prie le Ciel et place ta Confiance en D…, pour que le plan que j’ai en tête réussisse ! À plus tard on se parlera ce soir dans la Hakhnassia.

Je t’en prie Aaron, tu ne peux pas m’en dire un peu plus ?

Non ! Mais sache une chose : c’est que je vais faire de mon mieux pour t’aider !

 

Aaron marche dans la grande Avenue de Bruxelles et pense qu’il n’y a pas à aller au premier rendez-vous de l’après-midi. Il faut absolument parler au jeune Patron d’Entreprise qu’il a vu ce matin. Mais il a demandé un jour ou deux de réflexion et là il y à peine 5 heures qui se sont passées. Ce serait incorrect de le rappeler de sitôt !

Mais il y a une bonne raison de le rappeler,  le Rabbi de LOUBAVITCH, lui a dit qu’il devait faire quelque chose pour KIRYAT MALAKHI et Yossef et sa Famille sont de KIRYAT MALAKHI, alors peut être que Mr Hubert W voudra bien financer les billets, c’est une somme qui est tout à fait à sa portée, mais comment faire pour passer de la demande en faveur des Institutions du Rav Yaacov à une demande pour une famille de KIRYAT MALAKHI en détresse ?

Aaron réfléchit encore et  encore, et puis il se dit qu’il faut qu’il parle au Chaliah (l’émissaire)  du Rabbi de Loubawitch Mr BL, lui après tout le connait depuis quelques années, et c’est lui qui lui avait recommandé de rencontrer le Rabbi. Le Chaliah pourrait aussi procéder à des vérifications pour voir que l’histoire est vraie et qu’elle n’est pas montée de toutes pièces.

Le Chaliah BL est injoignable pendant 3 heures, enfin il décroche : que puis-je pour vous Aaron ? J’ai rencontré le jeune patron d’entreprise il s’est montré attentif à ce que je lui ai dit et quand j’ai essayé de le situer au niveau de ses contacts avec les grands Rabbanim de ce Monde, il m’a parlé du Rabbi de Loubavitch et il m’a dit que le Rabbi de Loubavitch lui avait dit de faire quelque Chose pour KIRYAT MALAKHI, il n’a jamais compris ce qu’il devait faire et moi en sortant de chez lui j’ai réussi à percer le mystère d’un homme qui est à la maison d’Accueil où je séjourne actuellement et cet homme particulièrement triste et sa famille sont originaires de KIRYAT MALAKHI, la seule manière de les sauver c’est de Financer leur retour en Israël.

Vous voulez me parler de Yossef, j’étais au courant qu’il y avait quelqu’un qui voulait récupérer ses enfants mais personne ne m’a dit qu’il était originaire de KIRYAT MALAKHI, sinon j’aurais déjà pensé à présenter ce dossier à Hubert W.

Eh bien alors, permettez-moi de vous demander d’intervenir auprès de lui, d’insister sur le caractère d’urgence de la situation de ce Yossef et dites-lui qu’à mes yeux il est plus important de sauver une famille de 4 âmes juives que d’aider une Institution fût-elle aussi noble que celle de Rav Yaacov.

Le Chaliah (l’envoye) du Rabbi  réussit à joindre Mr Hubert W vers 19h00 le soir, il accepta l’idée présentée par le Chaliah et il lui dit: « demander donc à Aaron de lui téléphoner dès ce soir, je ferai quelque chose… »

Aaron téléphona ce soir là à Mr Hubert à 19h00, lequel se montra tres bienveillant:

–      Je tiens à vous remercier et à vous féliciter pour ce que vous avez fait, je suis ravi de faire quelque chose pour cette famille de KIRYAT MALAKHI c’est sans doute cela à quoi pensait le Rabbi de Loubavitch !  C’est magnifique, j’aurai attendu 3 ans et demi pour voir la parole du Rabbi se réaliser !!  je finance les billets mais par contre je ne pourrai pas cette fois-ci aider l’institution de Rav Yaacow.

Est-ce que cela vous convient Mr Aaron ?

–      Et comment, si cela me convient ! Cela me convient à merveille,…..

–      Dites donc à Mr Yosssef que les gens de la Maison d’Accueil  qui sont chargés d’aider sa famille peuvent prendre contact avec moi, dès ce soir, entre 20h et 22h00, je financerai tous les billets pour ramener sa famille à KIRYAT MALAKHI !

Moins de 36 heures après Yossef et ses deux enfants étaient de retour en Israël à KIRYAT MALAKHI.

Comme prévu, Yossef avec le concours de l’Agence Juive et du Consulat de France en Israël régularisa sa situation en quelques semaines. Moins de trois semaines après Johanna revint vivre en Israël, et progressivement se remit a vivre en famille avec Yossef et ses deux enfants.

Il faut avoir vécu cette histoire et avoir connu la famille de Yossef pour y croire, c’est aussi poignant que Moïse sauvé des eaux !

La morale de cette histoire de la Vie de Yossef et sa famille est qu’il n’y a jamais de situation désespérée, dans la vie d’un juif, ישועות ה’ כהרף עיין : les délivrances qui viennent du Ciel, ne demandent que le temps d’un clin d’oeil.

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Une partie significative de la jeunesse juive se trouve influencée, par le mode de pensée de l'endroit ou elle réside et par conséquent a tendance a s’éloigner des valeurs traditionnelles. La volonté de l'auteur, qui connait les problèmes de la communauté et de ses célibataires, est de rappeler a ceux-ci, qu'il y a une méthode, pour maximiser les chances de trouver le conjoint que l'on cherche. Bonne Lecture !
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